Poésie Urbaine … écrit-elle sur son enveloppe…
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Sophie Valentin ( Sowashi ) l’artiste du sud nous parle probablement de la lumière qui nimbe le moindre graffiti, la plus petite parcelle de béton ou d ‘arbuste vétéran qui attendent le balayeur ou le bourgeonnement d’un tout frais printemps. A moins qu’il ne s’agisse plutôt de la valse perpétuelle des gens qui circulent, prennent appui sur un regard fuyant, puis s’envolent affairés, réticents ou hostiles vers d’autres endroits de la ville. Car ils vont au travail, à l’hôpital, à la banque, au supermarché, à l’école, à la fac, au théâtre, au musée, sur les berges d’un cours d’eau, au parc très peuplé ou déserté, dans les boutiques de quartier. Ils rejoignent l’endroit où quelque chose se passe, qui les concerne, ils y vont obligés ou volontiers, on ne sait rien d’eux… Il y a les laissés pour compte, les quêteurs aux vêtements donnés par le dispositif de charité sanitaire. Qu’au moins ils passent inaperçus ces pauvres inconcevables, ceux qu’on ne veut pas « calculer » , de peur de découvrir le miroir vivant de nos propres fragilités futures ou potentielles ! Tu vois Sophie, on n’est plus dans la poésie, mais ça tape au même endroit du discours intérieur. La persécution ordinaire est en marche. Pourquoi lui, pourquoi elle ? Que puis-je faire ? A cause de quoi ou de qui ? Où est la limite personnelle de ce qui n’est plus supportable ? Quel allègement de la souffrance apportent les mots lorsque les actes sont insuffisants ? Poésie de la compassion et de la solidarité, comment l’incarner et la multiplier ? Poésie du système D … Comment survivre dans la ville rapace et maltraitante ? Où se loger, avoir l’eau, la place et l’électricité, le minimum d’espace où reposer son corps et ses rêves ? Comment entrer dans un magasin de luxe sans avoir envie de tout renverser pour déranger les certitudes ? La fameuse phrase : « mais ça leur donne du travail aux petites mains vous savez ? » … Et on fomentera un concours de la meilleure ouvrière, la plus débrouillarde, la plus rentable , la plus domestiquée, on la montrera trois secondes à la télé, elle dira sa fierté de winner d’ arrière-cour, parlera du si beau résultat dans la vitrine ou le défilé avec une petite moue de parvenue méprisant le reste de la volière… « D’argent (elle) n’en a pas trop besoin, elle a la reconnaissance de ses patrons et du (sacro-saint) client fortuné » ,dit-elle… Elle économise pour la retraite, elle ne pense pas qu’elle va s’arrêter de travailler de sitôt , elle l’a toujours fait, ne s’imagine pas autrement que surbookée dans sa vie. Même salement enrhumée, fiévreuse et patraque, elle prend son bus et arrive avant l’heure, son temps est celui de l’atelier, il ne lui appartient pas. Elle mange le moins possible, c’est une perte de continuité dans le labeur, d’ailleurs elle est habituée à sauter les repas, elle a un peu moins mal à l’estomac maintenant qu’il a rétréci. L’acidité a fini par renoncer à grouiller à vide. La fatigue le soir lui dicte de se coucher directement. Elle est mince comme un fil de fer barbelé, elle a gardé sa taille d’adolescente dit-elle, elle ne veut pas de gras sur elle, les top-modèles n’en ont pas, et elles luttent pour cela. Elle y arrive sans se forcer … C’est son tempérament… Elle est comme Olive, la mère de Popeye, en plus belle évidemment. Mais elle n’a pas eu d’enfant, cela aurait été (peut-être…) un encombrement, elle n’aurait pas su comment faire. Et c’est si difficile de nos jours de rencontrer un partenaire qui tienne la route, un qu’on aime au point de vouloir le perpétuer dans un bout de gosse ressemblant … Avec la contraception et l’abstinence on garde la maîtrise, c’est bien… Mais la vie va trop fort et trop vite , il faut faire des choix qui en fait n’en sont pas… On suit la route qui est devant soi… On comprend rarement pourquoi. En tout cas la dernière robe de chez NOUS était belle, elle a eu le prix TRUC, a participé à une sélection princière dans une présentation de V.I.P. ! On n’a pas sué pour rien , n’est-ce pas ? « Et c’est mieux d’avoir un travail qu’on aime que de laver des pare-brises ou vendre des journaux de SDF en ville aux feux rouges ! » . Elle, l’a échappé … belle … Sympathique Ouvrière qui travaille au Centre Ville où tout est éclairé, jour et nuit … Pas à plaindre… La ville l’a absorbée…
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Rédigé par: sophie | samedi 21 mars 2009 à 18:00